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Dimanche 14 avril 2013 7 14 /04 /Avr /2013 13:25

Revenant une fois par an, telle les reportages sur le secrétariat du Père Noël (ou un yoyo qu'on aurait vraiment lancé très fort), la Nuit Excentrique de la Cinémathèque est le genre d’événement qui marque une vie de cinéphage. Cinq ans consécutifs que votre serviteur fait partie des 450 cinglés qui s'amassent douze heures durant dans la salle Henri Langlois. Cinq ans que j'en sors épuisé mais ravi, les neurones tellement anesthésiées que j'en trouve normal que le café où je vais débriefer avec quelques compagnons d'arme facture 6€ un Perrier.

Blague à part ces nuits sont toujours riches en émotion et ce qui se passe sur l'écran n'y est pas pour rien.

 

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L'affiche originale du film (source: wrongsideoftheart.com)

 

Cette année, la Nuit Excentrique s'ouvrait avec de l'inédit: un péplum. Et oui, il est toujours assez dur de trouver un péplum nanar dans la mesure où ce genre abonde de films gentiment kitschs, au scénario convenus et aux acteurs tout à fait corrects. Le plus souvent c'est dans le bestiaire qu'un péplum peut se nanardiser: à ce titre certains films comme "Persée l'Invincible" ou encore "La Vengeance d'Hercule" sont d'excellents exemples. Si, même dans ces cas là, nous pourrions avoir des scrupules, il y en a d'autres où la nanardise du bazar ne fait absolument aucun doute et "Vulcan, dieu du feu" en fait partie.

 

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A noter que, lors de sa sortie en VHS, un éditeur un peu taquin tenta de vendre le film comme un films d'heroic-fantasy. (source: nanarland.com).

 

Ce n'est pas une faute de frappe: c'est bien de "Vulcan" qu'il est question, un traducteur facétieux n'ayant pas vu dans le "Vulcano" du titre original le nom italien du dieu Vulcain dont le film va tenter de nous retracer le mythe. Je dis bien "tenter" car le scénario va prendre des libertés avec l'histoire originale. Plus que de prendre des libertés, on peut même dire que le scénario lui met une main aux fesses à la mythologie.

Comme dans tout bon film mythologique, tout commence dans l'Olympe, la demeure des dieux. Des dieux qui, en matière de déco ont des goût à hurler: on dirait plus la garçonnière de Tony Montana que la demeure ancestrales de divinités immortelles. Et je ne parle même pas de la fumée sur le sol qui donne l'impression qu'une convention de clones de Bob Marley s'est réunie à l'étage inférieur.

 

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Nous sommes dans l'Olympe, donc, et Jupiter n'est pas content. Pourquoi donc ? Disons qu'il n'est pleinement satisfait du comportement de sa fille, Venus, déesse de l'amour, dont le professionnalisme dépasse, à son goût, les limites de la bienséance. Comprenez par là qu'elle saute sur tout ce qui bouge (ou bouge sur tout ce qui saute), comportement que tout père un tant soit peu responsable se doit de réprouver. Afin de mettre fin à ce comportement, Jupiter décide de la marier au dieu le plus laid de l'Olympe, Vulcain. On objectera que cela n'a jamais empêché les escapades ça et là mais n'oublions pas que nous sommes dans un film italien.

Dans la mythologie classique, Venus est effectivement mariée à Vulcain, mais non par Jupiter, par Junon, jalouse de la beauté de sa belle-fille. A ce propos, quelques informations intérressantes pour la suite: Vulcain, de même que Mars, sont les fils de Jupiter et de Junon. Venus, elle, est la fille de Jupiter et de Dioné, une divinité marine (pour faire simple). Cela fait donc d'elle la demi-soeur de ses soupirants; niveau consanguinité, on est pas loin des rednecks du Wyoming.

 

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Ce qui est amusant avec Venus c'est cette manie de se coller à tout ce qui ressemble à une colonne. Si vous y voyez un symbole phallique vous êtes un obsédé (mais vous n'aurez pas forcément tort).

 

Vénus, soit-dit en passant, n'est pas contre le fait d'épouser Vulcain (surtout que celui-ci est joué par un culturiste israélien), d'autant plus que cela ne l'empêche pas de batifoler à droite à gauche. Par "à droite à gauche", comprenez "dans les bras de Mars", qui s'insurge même contre le fait que ce soit à cet avorton de Vulcain que la plus belle déesse de l'Olympe soit promise.

 

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Vulcain dans ses oeuvres, tapotant, avec l'energie d'un spaghetti cuit une pauvre épée qui ne lui a rien fait avec un marteau tout aussi innocent.

 

Furieux que son propre fils s'oppose à sa volonté, Jupiter décide donc de prendre des mesures radicales pour punir Mars, ainsi que Vénus: il les prive de leurs pouvoirs et les envoie sur la terre où, durant trois mois, ils devront partager la vie des mortels. Vulcain, qui n'avait pourtant rien demandé, partage lui-aussi ce sort, non du fait de Jupiter mais de Pluton (joué par un Gordon Mitchell tout en rires sardoniques). Pourquoi Pluton se mèle-t-il de ça ? La réponse est simple: parce que !

 

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Pause Gordon Mitchell.

 

Balancé du haut de l'Olympe jusque sur les côtes siciliennes, Vulcain est receuilli par la fille de Neptune, Etna, qui, on ne sait pourquoi, le reconnaît immédiatement. La scène n'est pas sans rappeler le sauvetage d'Ulysse par Nausicaa, bien qu'elle puisse également faire référence à la nymphe Thétis. Celle-ci, dit-on, receuillit Vulcain enfant après que celui-ci en ait été balancé du haut de l'Olympe par Junon, honteuse d'avoir mis au monde un enfant contrefait. A noter que la Junon de ce film, présentée comme une mère attentionnée (enfin, comme la seule personne ayant quelque-chose à faire de Vulcain) est assez éloignée de la Junon mythologique, adepte des saloperies en tout genre pour nuire à son prochain.

Notons que Vulcain n'est pas receuilli longtemps: celui-ci, ainsi qu'Etna et ses amies, se font assez rapidement capturer par un régiment d'hommes lézards parmi les plus craignos qui m'aient été donné de voir.

 

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Enfermé dans le repaire des reptiliens, accompagné d'un bon nombre d'autres prisonniers, Vulcain ne doit sa survie qu'à une astuce efficace bien qu'à l'élégance douteuse. L'un des prisonniers, un nain, est dissimulé dans un panier d'ordures et balancé à l'extérieur, de façon à pouvoir donner l'alerte. Alerter qui ? Et bien Neptune pardi ! Etna est sa fille, tout de même.

L'occasion de faire connaissance avec un Neptune dont on comprend aisément pourquoi c'est son frère qui est devenu le big boss: passant le plus clair de ses courtes apparitions à chercher ses mots et à parler à la vitesse d'un escargot unijambiste, on en vient à se demander si l'ivresse des profondeurs n'aurait pas pris chez lui des airs de bad trip hallucinatoire.

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Quoi qu'il en soit, à la demande du nain, Daddy Cool envoie des hommes à lui délivrer les siciliens des ignobles hommes lézards et tout rendre dans l'ordre.

 

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Et Etna fête ça par une danse de la victoire, tout à fait inutile, d'autant plus qu'elle danse comme une patate.

 

Et Mars me dites-vous? Et bien c'est le dieu de la guerre, n'oubliez pas, et il fait ce que le dieu de la guerre sait faire le mieux (après les tartes aux pommes mais ça la mythologie classique en parle peu). Comprenez par là qu'il lève une armée afin de s'emparer de l'Olympe et de détrôner son père. Pour cela, il compte sur l'aide du roi de Thrace (sur lequel je m'abstiendrai de faire le moindre jeu de mot) et de Vénus, qui ne va pas se faire prier pour se faire jeter dans ses bras.

Prendre l'Olympe de ne fait pas comme ça: les titans s'y sont bien essayés et ils se sont cassé les dents. Autant dire qu'une armée de mortels risque également de subir le même sort. Le plan de Mars est donc simple: capturer des esclaves (les même siciliens que tout à l'heure) et construire une tour jusqu'au sommet de l'Olympe...

Non, je déconne,

A tiens, non!

 

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Et pendant ce temps, Vénus écoute le plan diabolique de Mars, en toute simplicité.

 

C'est donc là que les Athéniens s'atteignirent: furax de voir son frère kidnapper ceux qui l'avaient receuillis, Vulcain part à sa poursuite, accompagné du nain de tout à l'heure. Ceux-ci volent des chevaux thraces opportunément abbandonnés là (d'autant plus opportunément que parmi ces chevaux se trouvait un poney, comme s'il était prévu qu'un voleur puisse faire un mètre 30). Il sont suivis dans leur périple par Etna, qui, malgré le fait de s'être vue ordonner de rester chez son père s'occuper de ses casserolles (avec un peu plus d'amabilité que ça, tout de même), n'en a pas moins décidé de suivre nos deux héros à distance. A noter que celle-ci a suffisamment de personallité pour désobéir et qu'elle est suffisament optimiste pour penser pouvoir rattraper à la course deux hommes à cheval (optimiste ou idiote, la frontière est parfois mince).

S'ensuit vingt à trente minutes de poursuite: Vulcain poursuit les Thraces, Etna poursuit Vulcain, et des hommes des cavernes poursuivent Etna.

J'avais oublié un détail: le rôle d'Etna va essentiellement consister à se faire capturer, un peu comme Daphné dans Scooby-Doo.

 

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Ce qui marque également dans "Vulcan dieu du feu", c'est la lenteur de la seconde moitié du film: comme si, une fois l'histoire posée, le scénariste ne savait pas comment la terminer. Par exemple, quand je vous dis qu'au moins vingt minutes du métrage consistent à voir des gens chevaucher à travers les montages ce ne sont pas des exagération. Une scène à la fin nous gratifie même d'un gravissage de colline en temps réel.

Le pire étant que tout se termine plus ou moins sur un deus ex machina au sens premier du terme, comprenez par là que Jupiter tape du poing sur la table récompense les gentils punit les méchants et qu'à la fin du film tout le monde est content (sauf les méchants).

 

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L'espèce d'échaufaudage au loin est sensé être la gigantesque tout destinée à atteindre l'Olympe. Autant dire qu'au rythme où ca allait, Jupiter pouvait dormir tranquille.

 

En définitive, "Vulcan dieu du feu" appartient à cette catégorie de péplums vite tournés avec un casting cosmopolite (donce des acteurs qui jouaient chacun dans sa langue et ne se comprenaient pas), des décors en carton et de vagues souvenirs glanés en cours de latin. Il s'agit de défauts courants dans ce type de film, ce qui est moins courant c'est de voir un film compiler tous ces défauts et de les sublimer jusqu'à la caricature, dans une histoire qui commence sans réelle raison et se termine sans réelle raison, dans une espèce d'improvisation totale. Nanar, il l'est par les détails: les scènes de remplissage, les incohérences scénaristiques, Vénus qui minaude, Hermès qui minaude aussi (et qui est plus proche du sac à main que du dieu), des monstres craignos, un Gordon Mitche tout en rire mephistophéliques ou encore un acteur principal qui donne tout le long du film le sentiment de ne pas vraiment savoir ce qu'il fout là et à qui je serai curieux de savoir comment on a vendu le rôle de dieu le plus laid de l'Olympe.

 

Fiche technique:

Titre original: Vulcano, figlio di Giove

Pays: Italie

Année: 1962

Durée: 1h20

Genre: Mains d'or, corps d'albâtre et colonnes en carton.

Par Antohn - Publié dans : Kitscheries et séries Z
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Dimanche 10 mars 2013 7 10 /03 /Mars /2013 15:30

 

Oui, je sais, ca fait un sacré bail que je n'avait pas écrit Plus précisément, que je n'avais pas publié: j'ai quelques articles en chantier mais je n'avais pas le temps (ou l'envie) de les terminer. Je vais donc tenter de me reprendre et redonner à manger à mon blog préféré. Et hors de question de passer à une alimentation équilibrée, nous allons avoir du trop gras, du trop salé et du trop sucré. Nous allons avoir du Bernard Launois avec de vrais morceaux de Sim dedans, dans une formule enrichie en Jacques Balutin et en Daniel Prévost.

 

Affiche Sacré Gendarmes

 

Sorti la même année que "Touch' pas à mon biniou", et cinq ans avant ce chef-d'œuvre du nanar qu'est "Devil's Story", "Sacré gendarmes" est une sorte de sous-"Gendarme de Saint-Tropez", une comédie méridionale et sympathique tournant autour de personnages populaires. Enfin ca c'est la théorie, en pratique il suit le même chemin que ceux cités précedemment : ce n'est pas que l'idée de base soit mauvaise mais elle est si mal traitée que le résultat va aboutir à l'un de ces résultats dépassant même les concepts de bons ou mauvais films. 

 

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Le film s'ouvre sur un message où le réalisateur explique qu'en aucun cas il ne veut blesser les gendarmes, que tout ca c'est de l'humour, etc...

Sage précaution, certes, mais ca me fait un peu penser à ces type qui racontent des histoires belges en commencant par expliquer qu'ils ne veulent pas froisser les Belges, qu'il adorent ce pays et qu'ils ont même des disques Jacques Brel chez eux. C'est gentil mais ca coupe toute envie de les écouter.

 

Tout commence (et tout se passe et tout finit) dans un petit village du Sud de la France où il fait bon vivre, où la vie s'écoule paisiblement, rythmée par le chant des cigales et le bruit metallique des boules de pétanques s'entrechoquant sur le boulodrome. La fierté de ce petit village, c'est bien évidemment, sa caserne de gendarmerie où quatre vaillants representants de la force publique font régner la loi et l'ordre avec plus ou moins de succès.

Et nos quatre loustics sont loin d'être inconnus du cinéphile lambda. J'ignore quelle vicissistudes de la vie (ou quelle facture de gaz à payer) les a amené là-dedans mais toujours est-il que, dans le rôle des gendarmes nous avons:

vlcsnap-00031Jaques Balutin, tentant tant bien que mal d'avoir l'air concerné par son rôle de brave et honnête brigadier. Son rôle ressemble un peu à celui de Galabru dans la série des Gendarmes : à savoir servir de clown blanc aux pitres qui l'entourent.

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Daniel Prévost, en mode "Longtarin de la Côte d'Azur", comprenez par là qu'il saute dans tout les sens et qu'il n'a de cesse que de vouloir distribuer des prunes à tout le monde.

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Sim, dont le rôle ressemble un peu à celui de Gaétan dans "Touch' pas à mon biniou", un ancien légionnaire plus ou moins affabulateur et complètement cinglé.

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Enfin, Robert Castel, dans son rôle habituel de pied-noir avec un accent rappelant l'odeur des oranges amères (ou le Boulaouane bon marché, c'est selon...).

 

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Vous l'aurez compris, ce n'est pas forcément les personnages qui clochent: pour l'instant, sans être d'une originalité folle, il y a matière à faire quelque chose de plutôt sympathique. En plus, il y a Henri Genès dans le rôle du curé, le même qui jouait les touristes beaufs-drageurs-lourdingues dans "Touch' pas à mon biniou".

Le problème ce n'est ni les personnages ni ceux qui les jouent. Le problème c'est ce qu'on leur fait jouer.

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Le pitch de départ est pourtant plutôt honnête: alors que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes le ministère, cherchant à faire des économies (et oui, déjà en 1980...), décide de fermer certaines casernes inutiles. Ne voulant pas être dispersés aux quatre coins de la France, les gendarmes entreprennent donc de prouver qu'ils sont indispensables. Ca c'est la version simple de l'histoire, dans la version complète, nos braves pandores ont à faire à de nombreuses péripéties, qui ne semblent avoir pour but que rallonger le métrage. 

 

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Citons, par exemple, cette histoire d'héritage que le brigadier est sensé toucher (et qui se termine avant d'avoir commencée), ou encore cette affaire de cleptomane se concentrant uniquement sur les cochonnets du boulodrome. L'un des morceaux de "bravoure" reste cette famille de belges, joués par des acteurs qui doivent être aussi belges que moi, dôté d'un accent que même Guy Montagné aurait trouvé caricatural, à peu près aussi caricatural que celui du patron du bar, un allemand avek ein bedide akzent gomme za, piqué à je ne sais quel vieux film de guerre. 

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Le clou du spectacle reste quand même l'arrivée d'un coopérant, autrement dit d'un gendarme africain venu voir comment travaille la gendarmerie (nous sommes toutefois en droit de nous demander pourquoi le ministère l'envoie ici s'il souhaite supprimer la caserne, mais passons). Les Belges et les Allemands sont caricaturaux, hors de question que cette règle s'arrête aux frontières de l'Europe, bien entendu, et l'arrivée de notre brave gendarme africain va provoquer toute une série de gags aussi navrants les uns que les autres (et des jeux de mots à base de café noir, d'humeurs grises et de nuits blanches). 


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Vous constaterez, d'ailleurs, que je n'ai pas trop parlé des gags, et le moins qu'on puisse dire c'est que je ferais bien de continuer à ne pas en parler.

Comment vous expliquer... la comédie nanarde est un cas vraiment  à part dans la mesure où, si un nanar est un film qui fait rire involontairement, comment juger un film qui est conçu pour faire rire ? Et bien, la réponse est simple: le rire nerveux, une comédie est nanarde lorsqu'elle vous arrache de ces espèces de rictus nerveux, les même que l'on fait par politesse après que quelqu'un vous ait (mal) raconté une mauvaise histoire drôle.

 

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Exemple de gag: le coopérant se lave...

vlcsnap-00029... et hop l'eau est noire ! (Comment ca "un poil raciste" ?!).

 

Je suis parfaitement conscient que le fait de voir quelqu'un se cogner la tête ou se casser la figure puisse amuser certains. Pour tout dire, je sais parfaitement que je suis imperméable à certaines formes d'humour, les canulars téléphoniques, par exemple, me laissent de marbre. De façon générale, j'ai du mal à rire lorsque cela se fait au dépend de gens qui n'ont rien fait pour le mériter.

Tout ca pour vous dire, qu'à la base, quand un gag sur deux est à base de coup de pied dans les tibias, d'orteils et de doigts écrasés ou de bosses sur le crâne, c'est mal parti pour que je passe un bon moment. Si encore ces gags ne s'étiraient pas en longueur... si encore, un personnage n'en rajoutait pas, de temps à autres, d'un "oulala, ca doit faire mal" aux effets aussi constructifs que les rires enregistrés dans "Video Gag".

 

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Ceci est un gag (si!).

 

En un mot comme en cent: aucun gag ne marche et rarement je n'ai trouvé le temps aussi long devant un film qui dépasse à peine l'heure et demie. Quant à la pirouette qui va permettre à nos braves gendarmes de sauver leur brigade, elle est rapidement évacuée, à la fin du film, comme si, au bout d'une heure vingt de métrage, quelqu'un s'était souvenu qu'il y avait un scénario qui était sensé donner une cohérence à toute cette pagaille.

 

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Vous l'aurez compris, "Sacré Gendarme" est un film douloureux à bien des égards. D'abord parce que l'idée de départ et les personnages avaient le potentiel, non de nous donner un chef-d'oeuvre, mais au moins une comédie sympathique. Ensuite parce que cette idée de départ a été complètement sabordée par un ajout d'innombrables histoires annexes et de gags tous plus navrants les uns que les autres. Enfin parce que, il faut bien le dire, sans être réputés n'avoir tourné que dans des chef-d'oeuvre, les acteurs principaux sont loin d'être mauvais et ca fait de la peine de les voir cachetonner là-dedans.

Et je ne vous parle même pas de la musique du film, résumée à un couplet de chanson passé en boucle et qui risquera de vous trotter dans la tête pendant un bon bout de temps.

 

 

Fiche technique:

Titre alternatif: Drôles de gendarmes.

Année : 1980

Pays : France

Durée : 1h37

Genre : Les gendarmes de Saint Trompette.

Par Antohn - Publié dans : Kitscheries et séries Z
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Lundi 24 décembre 2012 1 24 /12 /Déc /2012 14:19

Je sais, je sais, comme par hasard, c'est le 24 décembre, après avoir publié un article sur "Maciste contre Zorro" que je vous sort "Le Père Noël contre les martiens". De prime abord, vous pourriez penser que je suis une grosse chose influençable, ce qui n'est pas complétement inenvisageable. Je tiens juste à écrire pour ma défense que ce film est un sujet sur lequel j'avais envie de parler depuis bien longtemps. Non, sérieusement, "Le Père Noël contre les martiens", comment voulez-vous qu'un film pareil ne finisse pas un jour ici ? D'autant plus que le bestiau traîne la réputation d'être l'un des plus mauvais films de Noël jamais réalisés.

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Et avec une affiche mocharde typique des films fauchés de l'époque (source: wrongsideoftheart.com)

 

Et pourtant des films de Noël idiots il y en a : des comédies romantiques sous la neige, des fables pseudo-moralisatrices et dégoulinantes de bons sentiments, des dessins-animés gnangnan, le genre de trucs vite écrits et vite réalisés pour être vite passés à la télé pour la 735e fois. Parmi tous ces films en surnagent quelques uns: "La vie est belle" (celui de Frank Capra, bien sûr), "Le Père Noël est une ordure" (qui est un excellent film, même s'il nous est balancé ad nauseam à chaque fin d'année) et d'autres, que l'on retient davantage pour leur originalité que pour leur qualité. "Le Père Noël contre les Martiens" en fait partie, ca reconnaissons-le, si ce film s'adresse essentiellement aux enfants et souffre d'un certain manque de moyens, force est de constater qu'il est fidèle à sa réputation.

 

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L'histoire commence au Pôle Nord, quelques jours avant Noël. Une chaîne de télévision pour enfants a l'idée assez opportune de rendre visite au Père Noël dans son atelier. L'occasion pour nous de découvrir les petits lutins, d'apprendre qu'un renne du Père Noël s'appelle Nixon et que ce pauvre homme est plus ou moins exploité par la Mère Noël qui vient le houspiller dès qu'il s'arrête cinq minutes pour souffler. Si ce reportage booste l'audimat de la chaîne, celle-ci compte des spectateurs dont elle ne soupconnait pas l'existence. En effets, les Martiens, confortablement installés dans leurs villes soutterraines, captent les programmes terriens et les enfants de Mars n'ont pas perdu une miette de ce reportage. Ils apprennent alors que sur Terre, les enfants s'amusent et ressentent des sensations telles que la joie et l'amour. Ils apprennent également qu'un gros bonhomme en rouge contribue à ce bonheur et à ce bien être.

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Les enfants martiens restent alors obnubilés par ces programmes terriens. Ils ne se branchent plus à leurs machines à connaissances, ils ne mangent plus leurs pilules nutritives, pire encore, leurs parents sont obligés de recourir au spray somnifère pour les endormir le soir. Conscient du mal être qui saisit ses enfants et ceux des autres, le chef martien, Kimar, décide donc de s'en remettre au grand sage matien, Chochem, afin de trouver la solution.

Le vieil homme, après être apparu dans un éclair; disparait dans un autre éclair après avoir fourni la clé de l'énigme: Mars a besoin d'un Père Noël. 

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Que dis-je "d'un Père Noël" ? "DU" Père Noël ! Pourquoi en créer un alors que l'original est à portée de soucoupe ? Ni une ni deux, Kimar embarque pour la Terre avec une fine équipe, dont Dropo, son serviteur idiot, et Voldar, un ignoble méchant moustachu, qui été élevé à coup de trique et qui ne voit pas pourquoi la jeune génération n'aurait pas le droit à son coup de pied au cul. En passant par là, c'est d'une intelligence folle d'embarquer pour une expédition un type qui ne veut absolument pas que l'opération réussisse.

Il faut croire que Kimar a un peu embarqué ce qu'il avait sous le coude, d'autant plus qu'il arrive sur Terre sans savoir où est le Père Noël. Après avoir manqué d'enlever un pauvre bougre de l'Armée du Salut, il décide d'aller demander directement à deux gamins qui se baladent dans la campagne.

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Petite présentation: Kimar...

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... Dropo...

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... et Voldar (le moustachu au mileu).

 

Je ne sais pas vous mais moi quand trois gars en combinaison avec des antennes sur la tête et un rayon laser dans la main me demandent où est le Père Noël, non seulement je le leur dit mais en plus je les accompagne. C'est exactement ce que font ces deux gamins, à qui on a pas vraiment laissé le choix, d'ailleurs, pour ce qui est de la partie accompagnement. L'enlèvement du Père Noël est, alors l'occasion de faire connaissance avec un type dans un costume d'ours blanc et un robot qui ressemble tellement à un jouet que le Père Noël s'y méprend.

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Comment ne pas aimer un film avec un robot pareil !?

 

Le voyage du retour est assez chaotique, notamment parce que les Terriens ont réagi comme ils réagissent d'ordinaire devant une soucoupe volante : en leur envoyant des B-52 dans la figure. Et puis parce que Kimar, n'ayant pas réussi à faire échouer l'enlèvement du Père Noël, tente de se débarrasser du Père Noël et des enfants. Oui, parce que tant qu'à faire, les Martiens ont embarqué les enfants sur Mars, ne sachant trop quoi en faire.

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Des petits terriens mal doublés...

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... et des petis martiens mal habillés. Un lecteur (particulièrement) physionomiste aura reconnu, à droite, une certaine Pia Zadora, connue notamment pour avoir chanté "When the rain begins to fall" avec Jermaine Jackson et pour avoir, en 1982, remporté le Golden Globe de la meilleure actrice ainsi que le Razzie Award de la pire actrice, et ce pour le même rôle  (dans "Butterfly", avec Orson Welles).

 

Reçu comme un sauveur sur Mars, le Père Noël se voit gratifier d'un atelier high tech où, à défaut d'une armée de lutins, la fabrication des jouets est gérée par une machine qui les fabrique instantanément en appuyant sur un bouton. Le processus est facile, tellement facile que même Dropo y arrive et se prend de passion pour le métier de Père Noël. Le vrai Père Noël, lui, s'ennuie un peu: passer son temps à appuyer sur des boutons n'est vraiment pas drôle et, finalement, rien ne vaut le travail manuel.

De son côté, Kimar, qui définitivement est très méchant, poursuit ses efforts pour guérir le Père Noël de son ennui, dénitivement.

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C'est là que l'on se rend compte que, finalement, Kimar, en préparant son expédition, n'avait pas fait preuve de manque de présence d'esprit. Non, ce n'est pas la faute de Kimar, c'est juste que les Martiens sont cons. En témoigne une somptueuse tentative d'enlèvement du Père Noël dans son atelier où l'on se rend compte que Voldar et ses hommes ne sont pas fichus de faire la différence entre un gros bonhomme barbu et Dropo dans un costume rouge.

Le suspense est toutefois de courte durée, les affreux jojos étant défaits par une armé de gamins armés d'ours en peluche et le Père Noêl revenant sur Terre après s'être trouvé un successeur.

C'est pas tout c'est qu'il ya du pain sur la planche: des jouets restent à faire pour tous les enfants sages du monde entier...

Ce qui en fait une douzaine, à peu près.

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Allez, en bonus, la bande orignale du film, elle va vous trotter dans la tête toute la journée, ne me remerciez pas.

 

 

Fiche technique:

Titre original : Santa Claus conquers the Martians

Année : 1964

Pays : Etats-Unis

Durée : 1h26

Genre : Vous n'aviez qu'à être sages.

Par Antohn - Publié dans : Kitscheries et séries Z
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Dimanche 9 décembre 2012 7 09 /12 /Déc /2012 07:15

Il y a des films qui vous intriguent dès leur titre, notamment lorsque ceux-ci vous promettent un affrontement improbable entre deux êtres qui n'auraient jamais du se rencontrer. "King kong contre Godzilla", "Jesse James contre la fille de Frankenstein", "Les Charlots contre Dracula", "L'Empire contre attaque" (... d'accord, elle était facile celle-là), tout autant de films qui, dès l'affiche hypnotisent l'amateur de cinéma déviant. Autant vous dire, lorsqu'au détour d'un passage à la Fnac, je tombais nez à jaquette avec un dvd arborant fièrement l'inscription "Maciste contre Zorro", j'entendis comme une voix dans un coin de ma tête me dire : "Tu ne va pas passer à côté de ca quand même ?", immédiatement suivie d'un "Ne touches pas à ça, nous sommes tes neurones et nous te l'interdisons !". Au cas où certains en douteraient, ca fait un moment que je n'écoute plus mes neurones. Bien m'en a pris, d'ailleurs, puisque ce coup-ci ces braves petites se sont montrées pour le moins timorées.

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L'affiche espagnole du film (source: horreur.net)

 

Je sais ce que vous allez me dire : Maciste et Zorro sont des personages positifs, sans raison, donc, de s'affronter. De plus, le premier est un personnage de péplum, le second est un justicier vivant dans la Californie du XIXème siècle. Oui, de prime abord, "Maciste contre Zorro", c'est à peu près aussi improbable qu'"Ivanohé contre Lucky Luke". Ca le devient un peu moins quand on sait que le personnage de Maciste voyage assez souvent dans le temps et l'espace. Restait quand même à savoir quelle pirouette allait nous inventer le scénariste pour nous mettre ces deux personnages nez à nez.

 

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L'histoire commence dans le royaume de Nogara, un paisible endroit où il fait bon vivre, où tout le monde est heureux et qui ressemble comme deux gouttes de Xeres à l'Espagne du XVème siècle. Alors que la Cour s'apprêtait à fêter on-ne-sait-quoi, un messager arrive au palais porteur d'une nouvelle tragique: le roi de Nogara vient de mourir de la peste. Avant de décéder dans d'atroces souffrances, ce roi eut quand-même le temps d'écrire son testament et de nommer celle qui lui succèdera. "Celle qui lui succèdera" sera l'une de ses deux nièces : Malva ou Isabella.

Pour vous les décire rapidement, Isabella est une blonde au coeur généreux et bienveillant, amoureuse de Ramon, un brave et  honnête poète désargenté (pléonasme). Malva est, elle, une brune froide et calculatrice, dont l'âme damnée, plus que l'amant, est Garcia, l'ambitieux capitaine de la garde.

 

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Est-il besoin de mettre une légende ?

 

Autant vous dire qu'entre une souveraine sage et avisée et un Staline en crinoline le choix va être rapide et tout le monde le sait, y compris Malva. Le testament étant entre les mains de l'aide de camp du roi et n'étant pas encore arrivé à Nogara, elle entreprend de l'intercepter et le remplacer par un faux. "Cela est plus facile à dire qu'à faire" lui répond grosso modo Garcia, mais il se trouve qu'il connaît un homme qui peut les aider. Récemment, vient de s'installer en ville un Hercule de foire du nom de Maciste, un homme à la force aussi colossale que la bonté et la naïveté. Oui, Maciste est couillon: il suffit que Malva lui raconte qu'elle est très gentille et qu'une bande d'affreux jojos lui a volé un document important pour qu'il lui jure fidélité et promet de réussir sa mission au péril de sa vie.

 

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Pour l'anecdote, le personnage de Maciste est apparu au cinéma en même temps que celui d'Hercule, en 1915. Il s'agissait d'un péplum nommé Cabriria où Maciste était un esclave noir, joué par un docker gênois grimé au cirage: Bartolomeo Pagano. Dans un contexte de Première Guerre Mondiale, ce personnage, devenu très populaire, quitta assez rapidement le contexte des péplums et devint blanc. Il fut ensuite largement utilisé par le régime de Mussolini comme outils de propagande, tel qu'il l'avait été durant la Première Guerre Mondiale.

 

Mise au courant de ce stratagème, Isabella décide, elle, de se mettre à la recherche de son champion à elle et un seul homme est capable de tenir tête à Maciste : Zorro. Par chance, Zorro n'est pas difficile à trouver : il se trouve dans un royaume voisin, il suffit de demander à un type dans un relais de diligence. Il est tellement facile à trouver que, lorsqu'Isabella part à sa recherche, c'est pour apprendre que le vengeur masqué a été capturé et qu'il va être exécuté. En principes, c'est le moment où l'on retient son souffle, où l'on s'attends à une scène de sauvetage épique. Idéalement, on apprend que le Zorro que l'on voulait mettre à mort était un faux Zorro et on voit le vrai surgir du fond de la nuit et courir à la rescousse au galop, avant de faire des trous dans tout un tas de gardes. 

Dans le cas qui nous occupe, point de scène de sauvetage: Zorro s'échappe tout seul et vient lui-même à la rencontre de la princesse. Pourquoi ? On lui a dit qu'elle avait besoin d'aide. Comment s'est-il échappé ? Ben... c'est Zorro !

 

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Ce passage est un peu à l'image d'une bonne partie du film: on sent qu'il y a des idées mais que, pour des raisons X ou Y, elles n'ont pas été mises en place. Le gros soucis c'est que le spectateur comprend rapidement qui sont les bons et qui sont les gentils et que les escarmouches entre Maciste et Zorro ne sont que le résultats d'un malentendu. Il est juste dommage que les deux héros mettent tant de temps à le comprendre de leur côté. Par certains côtés, le scénario de "Maciste contre Zorro" fait un peu penser à ces spectacles de marionettes que l'on regardait quand nous étions enfants, vous savez, ceux où le gendarme cherche Guignol pendant dix minutes alors qu'il est derrière lui avec un bâton.

 

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On a bien une vague histoire de bandits qui cherchent à mettre la main sur le testament, afin de le revendre au plus offrant, histoire de rallonger l'intrigue. On a bien tout ce que la Création peut compter de quiproquos et de substitutions en tout genres (vu que rapidement, on apprend qu'il y a un vrai et un faux testament), histoire de perdre le spectateur. Mais force est de constater que le milieu du film est plutôt mou et que l'on finit par attendre qu'une chose: que l'un et l'autre des héros comprenne qu'il n'a rien à craindre de l'autre et que l'on avance au lieu de les voir se mettre des bâtons dans les roues.

 

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En définitive, "Maciste contre Zorro" est quand même loin d'être un mauvais film et possède le charme de ces vieux films de cape et d'épée avec Jean Marais et Noel Roquevert, de ceux que l'on regarde d'un oeil le dimanche après-midi pendant les vacances de Noël. Des films complètements manichéens, aux rebondissements téléphonés avec une demoiselle en détresse à sauver et un combat à l'épée se terminant immanquablement par la mort du félon. 

Et puis mince, à un moment Maciste se bat contre un crocodile, si c'est pas la classe !

 

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Sans blagues !

 

 

Fiche technique:

Titre original : Zorro contro Maciste

Réalisateur: Umberto Lenzi

Pays: Italie/Espagne

Année: 1963

Durée: 1h26

Genre: Crossover en terrain neutre

Par Antohn - Publié dans : Cinéma
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Mardi 30 octobre 2012 2 30 /10 /Oct /2012 21:00

Il y a parfois des signes qui ne trompent pas. Lorsque, par exemple, dans une brocante, vous tombez nez à jaquette avec une vhs d'un éditeur que vous ne connaissez pas, vous ne pouvez qu'être intrigué. Quand, en plus, cette vhs se trouve au fond d'un carton, coincée entre deux vieux films "éducatifs" avec Brigitte Lahaie (qui a dit "pléonasme" ?), vous vous demandez si l'on aurait pas essayé de la planquer. Vos soupçons s'intensifient lorsque, après avoir pris l'objet dans vos mains moites, le brocanteur s'approche de vous et vous dit: «te fies pas à la jaquette, elle a rien à voir avec le film. Puis de toutes façons il est pas génial».

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Approuvant ce monsieur d'un signe de tête, accompagné du regard blasé de celui qui en a vu d'autres, j'entrepris de retourner la vhs afin de lire le résumé au dos... .Il y a des signes qui ne trompent pas, disais-je, et quand vous voyez au dos de la jaquette une photographie de Richard Harrison, toutes moustaches dehors, brandissant un sabre en plastique, vous savez que ca sent le nanar.Quand, au-dessus, un résumé vous parle de monstre mi-serpent ni-scorpion et se paie le luxe de spoiler la fin, vous n'avez plus grand doutes à ce sujet.

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On dit souvent que les rebuts des uns sont les trésors des autres et cette vhs miteuse, que personne n'avait du enfourner dans un magnétoscope depuis quinze ans venait prendre pour moi des airs de lingots d'or à 8000 carats. Je la mis donc sur la pile de vhs que je m'apprêtais à emporter. Je me souviens encore du regard du vendeur où se mélaient la surprise ainsi qu'un je-ne-sais-quoi de "Je t'aurais prévenu". Une fois chez moi, je mis mon magnétoscope sous tension, puis lui fit avaler la vhs, qu'il ingurgita en poussant un "cric-wiii-plonk", ce qui en langage magnétoscope signifie "qu'est-ce que t'es encore en train de me faire bouffer ?".

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Je devais voir çà... et j'ai vu. Pour ceux qui ont connu les vhs (90% de mon lectorat, donc), vous vous souvenez qu'avant et/ou après le film, nous avions droit à des bandes annonces pour d'autres cassettes qui allaient sortir. Ici, il n'y en a qu'une seule et, pour d'étranges raisons, il s'agit... de la B.A. du film lui-même. Il s'agit d'une de ces vieilles bandes annonces où un narrateur à la motivation douteuse vous éxplique toutes les bonnes raisons d'aller voir le film.

Et des bonnes raisons de voir "Scorpion Thunderbolt" il y en a, il y en a même huit:

 

Raison supplémentaire, et on va dire que je garde le meilleur pour la fin : il s'agit ni plus ni moins que d'un 2 en 1 signé Godfrey Ho, avec une nouvelle formule appauvrie en ninja mais enrichie en monstres en caoutchouc. Pour ceux qui découvriraient ce blog par hasard après avoir tapé "Brigitte Lahaie" sur Google ou tout simplement ceux qui n'ont pas lu l'article sur "Black Ninja", laissez-moi vous re-situer ce qu'est le 2 en 1. Il s'agit d'une pratique, notamment utilisée à Hong-Kong durant les années 80, consistant à racheter des films à l'étranger (en Corée du Sud, au Vietnam à Taiwan, en Thailande et j'en passe), films non destinés à l'exportation, et à les retoucher en y ajoutant, tant bien que mal, des scènes avec des acteurs occidentaux. Le résultat artistique était, bien entendu discutable et les scénarii assez bancals.

Pour Scorpion Thunderbolt, Godfrey Ho utilisa un films Coréen sorti en 1984 sous le titre "Mongnyeo Han", ce qui pourrait se traduire par "La malédiction de la Femme Serpent". Il y ajouta ensuite une vague histoire de sorcière, poursuivant Richard Harrison, détenteur d'une bague qui pourrait la détruire.

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Pour rester dans les rappels, la présence de Richard Harrison dans ce film est dûe à une sombre histoire. Harrison avait connu sa petite heure de gloire dans les années 60, où il tournait en Italie dans un grand nombre de péplums et westerns. Selon ses propres dires, sa plus grande contribution au cinéma fut lorsqu'en 1964, il refusa le rôle titre de "Pour un poignée de dollars" et conseilla à Sergio Leone d'engager un certain Clint Easrwood, et ce parce qu'il savait monter à cheval. Dans les années 80, il alla cachetonner à Hong-Kong, auprès de la société de production IFD d'un certain Joseph Lai. Celui-ci le confia à Godfrey Ho avec qui il tourna un premier film, enchainant les scènes sans grande cohérence. Richard Harrison raconta ensuite que Joseph Lai, ayant opportunément oublié de l'informer de la réglementation en matière de travail menaca de le dénoncer au fisc s'il refusait de tourner un second film. Ainsi, Richard Harrison se retrouva à tourner plusieurs dizaines de scènes, essentiellement dans le parc de Kwoloon. Ces scènes furent petit à petit utilisées pour fabriquer des 2 en 1 et Richard Harrison se retrouva donc dans des dizaines de films en n'ayant été payé que pour un seul.

 

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Des doutes subsistent sur la véracité de cette histoire : a-t-il réellement tourné contre son gré ? S'est-il interrogé sur les raisons qui poussaient ses employeurs à lui faire tourner des scènes sans aucun lien entre elles ? Non seulement je ne saurais répondre mais j'ajouterais que, de toutes manières, cela me laisse de glace. Toujours est-il qu'il arpente ces films, celui-ci compris, avec un regard de chien battu, le genre de regard caractéristique de l'acteur qui ne tourne que pour payer ses factures.

Richard Harrison affirme ne jamais avoir vu les films qu'il a tourné à Hong-Kong. Bien lui en a pris au vu de certains résultats, dont la cohérence laissait à désirer, tentant de façon désespérée de faire coexister deux histoires qui n'auraient jamais dû se rencontrer.

 

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Si la plupart des 2 en 1 sont des films de ninjas, bricolés à partir de films de kung-fu, "Scorpion Thunderbolt" est donc, comme je l'expliquais au début, un rare exemple 2 en 1 fantastique. Attention, quand je parle de "fantastique" il s'agit de fantastique à la sauce Godfrey Ho, comprenez par là que nous allons être davantage dans le dadaïsme que dans l'intrigue prenante et angoissante.

Tout commence dans un l'antre d'une sorcière aux ongles démesurés (encore une qui doit avoir du mal à se curer le nez), agitant ses doigts au dessus d'une boule de cristal clignotante. Que fait-elle ? Elle invoque un monstre figurez vous ? Pourquoi ? Je n'en sais rien, je vous en pose des question !? Non seulement nous ne savons pas qui est cette sorcière (et nous ne le saurons jamais) mais en plus nous n'aurons qu'une vague idée de la raison pour laquelle elle s'amuse à semer mort et hémoglobine par grosse bebête interposée. Le mystère s'épaissit lorsqu'intervient une sorte de flûtiste aveugle (?), tirant d'étranges mélopées d'une flûte à bec, sosie parfait de celles dont nous tirions des sons ignobles en cours de solfège en osant appeler ca de la musique. Envoûté par ces sonorités infernales, le monstre massacre sans pitié d'innocentes jeunes femmes qui rentrent chez elles de nuit après avoir été on ne sait où (ou alors c'est qu'il n'aime pas la flûte à bec, il y a des gens qui, dès qu'ils entendent trois notes de flûte se mettent à avoir envie de massacrer des bébés phoques à coup de pelles, je connais des gens comme ca qui... enfin bref).

 

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Pendant que la police de Hong-Kong enquête, nous suivons les pérégrinations de Richard Harrison. Si beaucoup de 2 en 1 essaient de garder une certaine cohérence entre parties "occidentales" et "asiatiques", notamment par le jeu du champ/contre champ et des appels téléphoniques, "Scorpion Thunderbolt" s'en garde bien. C'est un peu comme si les deux histoires se déroulaient dans des univers parallèles.

 

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Ainsi, pendant que la police enquête, ce bon Richard échappe aux assassins lancés à ses trousses par l'atroce sorcière satanique. Par chance, la sorcière a le pouvoir d'invoquer un monstre mais celui-ci n'étant pas dans le même film, notre héros l'a échappé belle. Faute de monstres, on envoie des humains, fautes de grives on envoie des buses. Vous voulez un exemple ? Le premier tueur envoyé par la sorcière est une espèce de strip-teaseuse vulgos et récupérée sur le bord d'une route par un Richard Harrison visiblement sensible, aux méthodes de stop originales. S'ensuit une scène de strip-tease complètement gratuite dont le seul intérêt réside dans le fait qu'elle se déroule sur du Jean-Michel Jarre (Godfrey Ho racontait qu'il utilisait des musiques libres de droits pour ses films... Jean-Michel Jarre sera donc content d'apprendre qu'il est tombé dans le domaine public à Hong-Kong).

 

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L'ignoble hétaïre ayant tenté d'user de ses appâts pour assassiner notre héros, celui-ci en vient assez rapidement à se demander si, par hasard, quelqu'un n'en voudrait pas à son intégrité physique. Ses soupçons se confirment lorsqu'un malandrin vient tenter de l'assassiner chez lui et qu'un second l'attaque alors qu'il faisait tranquillement son footing.

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Ce qui ne l'empêchera pas de se faire latter à coups de..serviette.


N'appréciant pas l'idée de ne plus pouvoir se promener tranquille, notre bon Richard se décide donc à en réferer aux autorités compétentes. Je ne parle pas de la police mais son vieux maître omniscient qui, par chance, passe le plus clair de son temps à boire du thé dans un temple au sommet d'une colline. Celui-ci, après que son disciple soit monté le voir pour lui expliquer qu'on fait rien qu'à l'embêter, lui explique qu'une sorcière le poursuit afin de s'emparer de la bague qu'il porte. Cette bague serait le seul moyen de détruire la sorcière (pourquoi ? comment ? on en sait rien), voilà pourquoi elle chercherait à s'en emparer. Après avoir commencé à raccompagner notre héros moustachu vers la sortie en lui expliquant que, à part lui fournir des explications, il ne peut rien faire pour lui le vieux maître se ravise et, touché par la grâce, fournit à notre héros le moyen de se débarrasser de la sorcière.

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"Je peux pas t'aider petit scarabée, tu devra trouver te débrouiller par toi-même pour vaincre la sorcière.

-Ah, euh, bon tant pis...

-Nan, je déconne, voilà un sabre magique et un miroir magique, je vais t'expliquer le rituel pour la savater".


En résumé, "Scorpion Thunderbolt" est un 2 en 1 pour le moins classique, bien que, il faut le reconnaître, la partie asiatiquen'a pas l'air foncièrement mauvaise : le film original doit être tout à fait correct.

Et puis n'oublies pas lecteur, tu as huit raisons de voir "Scorpion Thunderbolt", tu en as même une neuvième: il s'agit d'un film "Brocoli qui Tousse Approuved".

 

Fiche technique:

Réalisateur : Godfrey Ho

Année: 1985 (1984 pour la partie asiatique)

Pays: Hong-Kong/Corée du Sud

Durée: 1h25

Genre: Magie noire et flûte à bec

Par Antohn - Publié dans : Kitscheries et séries Z
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